Coup de gueule contre la musique en ligne

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Cela fait maintenant près de deux ans que je n’écoute plus que de la musique sous forme numérique: j’ai converti l’ensemble de ma discothèque au format MP3 (plus de 600 CD, je peux vous dire que cela prend du temps, beaucoup de temps!), je me suis équipé en lecteur MP3 de salon (d’abord un M3PO, puis un boîtier Wifi Netgear MP101, et maintenant un boîtier Soundbridge de Rokulabs) mais aussi en lecteur portable (iPod, autoradio MP3).

Lorsqu’iTunes Music Store s’est mis à  vendre de la musique en ligne, je me suis dis : “Enfin, terminée les longues heures perdue à  encoder en MP3 des CD qui ensuite s’entasse au fond d’un placard et prennent de la place pour rien”… Quand Fnacmusic.com, MSN, Sony Connect et consorts se sont posés en concurrents de l’iTMS, je me suis dis : “Enfin une saine émulation, qui va me permettre d’avoir toujours plus de choix”….

Et bien tout cela n’est encore qu’un rêve pour le moment! Passée l’exaltation des premiers instants, je me retrouve devant un constat que je trouve déprimant:

* les vendeurs de musique en ligne ont à  peu près tous le même catalogue : dommage pour le choix… ce que je ne trouve pas chez l’un, je ne le trouve pas chez l’autre non plus!
* la plupart des nouveautés qui sortent du top 50 sont introuvables: encore dommage pour le choix… est on condamné à  tous écouter la même chose?

Des exemples? Simple, voici les 5 derniers albums que j’ai acheté, en CD puisqu’introuvable en ligne!

* Léonard Cohen : Dear Heather
* Manu Chao: Sibérie m’etait contéee
* Tryo: Grains de Sable (celui ci est dispo sur fnacmusic, à  un prix défiant toute concurrence: deux fois plus cher que le CD acheté a la FNAC!)
* Mano Solo: Les Animals
* Sinsemilla: Les Yeux Ouverts

On ne peut pas dire que ce soient des musiques exotiques, chacun de ces artistes vendant leurs albums à  plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d’unités en France ou à  travers le monde.

Alors je pousse un coup de gueule: qu’attendez vous Messieurs les vendeurs de musique en ligne et Messieurs les Majors pour rattraper le train en marche: vous pleurez chaque jour sur la chute de la vos part de marché, en oubliant que nous sommes nombreux à  vouloir payer pour la musique que nous écoutons (tout travail mérite salaire non?), sans pour autant vouloir payer le prix d’un CD qui se retrouve au placard sans jamais avoir été écouté car immédiatement convertit en MP3!

Plutôt que de vous battre à  coup de DRM et de matériel propriétaire, pourquoi ne pas accélérer la vente de musique en ligne? Autant je peux comprendre que mettre en ligne vos fond de catalogue peut être un processus long (et donc je ne m’attends pas à  trouver dans l’instant l’intégrale des Béruriers Noirs), mais pourquoi, à  l’ère du numérique, chaque CD ne sort il pas aussi en version numérique? Est ce parce que contrairement à  ce que vous affirmez, le piratage ne tue pas la musique, mais uniquement la musique du top 50 et autres compilations improbables, celle qui vous rapporte tant et que donc seul compte pour vous le fait de pouvoir continuer à  vendre vos artistes jetables?

Doit on vraiment se tourner vers des solutions “grises” telle que allofmp3.com (dont la légalité ou l’illégalité n’est pas encore clairement démontrée) ou carrément “noire” (P2P ou autres sites web illégaux)…
Car il faut vous faire une raison, certains d’entre nous ne veulent plus du CD: nous ne sommes pas mélomane, et pour écouter le dernier Metallica, n’importe quel format numérique suffit amplement !!!

Alors arrêtez la dictature du CD, et investissez dans la musique numérique plutôt que dans la chasse aux sorcières!

Voila, c’était mon cri dans la nuit! Rien de bien innovant sur le sujet, mais parfois, cela fait du bien de s’exprimer;)

Une réflexion au sujet de « Coup de gueule contre la musique en ligne »

  1. JCG

    Petit grain de sel bien tardif pour signaler que la plus part des majors (Sony, BMG,Universal etc. et même des plus petites) proposent un catalogue numérique bien agencé et référencé. Les véritable problèmes résident AMHA

    1) Dans la sélection pour la mise en ligne : En toute logique l’investissement de l’éditeur est fonction du volume numérique mis en ligne. Pour un même volume (ie : investissement) il préfèrera proposer “ce qui part vite” à un contenu de qualité (pour autant que ce qualificatif ait une signification objective). Donc bonjour “l’orange du marchand” (pour le local), “Eric Pridz” (pour l’international) et adieur les “Bérurier Noir”.

    2) Plus trivialement : le prix proposé est trop lourd. (de ~2 à 3 euro le titre !). A mon sens rien ne justifie les tarifs proposés mis à part le maintien des anciennes marges adopté du temps des supports physiques.

    3) du point de vue plus annecdotique : les contorsions occasionnées (tant pour l’éditeur que pour le consomateur final) par la protection des oeuvres (encryptions, tatouages, limitations etc.). Le but est peut être légitime mais on ne peut pas dire que les contraintes qui en découlent contribuent à la civilisation du loisir 😉 (A ce propos bon courage pour vos démélées avec la civilisation impitoyable du travail).

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